Scénographie OTERO
Scénographie pour l'oeuvre de Mariano Otero
Vannes
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Morbihan
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Livraison 2023
Du contexte au projet
La scénographie conçue pour présenter l’œuvre de Mariano Otero met l’accent sur la transformation progressive de son travail, depuis les débuts difficiles de sa jeunesse vers une « joie sociale ». Elle accentue le passage du « sombre à la lumière », en passant par l'expérience sensible du corps nu au cœur de l'exposition. L'exposition est organisée en 5 séquences :
1. L'artiste est marqué par son exil à Rennes en 1956, à 14 ans, sa famille fuyant le régime franquiste. L'exposition s'ouvre sur ce démarrage de vie marqué par le sombre de la guerre civile espagnole : le visiteur traverse une « salle obscure », aux cimaises de couleur foncée, qui souligne l'atmosphère oppressive de sa jeunesse. La suite de l’exposition se lit alors comme une progression vers la libération.
2. La configuration de cette salle prend en compte les caractéristiques architecturales de la Cohue afin de faciliter la lecture de l’espace par le visiteur. La séquence occupe la première salle et une partie de la salle centrale : un îlot central, adossé sur le mur entre les deux arches, relie les deux espaces en une seule entité et concentre les expériences interactives et informatives, animées par la projection d'un film où la voix de l'artiste et de ses proches crée une atmosphère humaniste. En périphérie, les cimaises ininterrompues assurent la continuité, leur teinte renforçant le caractère mélancolique des œuvres de cette période. Dans la seconde partie de la séquence, deux portes de l'atelier de l'artiste font écho aux arches de la Cohue, chacune placée devant l'une d'elles ; dans le prolongement de l'îlot, une médiation met en scène un jeu de rôles artiste-modèle.
3. Le solide central entre les arches se transforme en vide : c'est la porte vers la troisième séquence. Le passage entre les séquences 2 et 3 recrée le cabinet d'autoportraits de l'atelier de Mariano Otero, lui-même espace de transition entre deux pièces de son atelier. Cette séquence rassemble les catégories traitant de la nudité du corps — nus, baigneuses — ainsi que les natures mortes, où reviennent œufs et bols, en écho à ses femmes enceintes et à la tendance de ses corps vers la rondeur et la forme primaire de l'œuf. La grande sculpture « Grossesse » occupe ainsi le centre de la salle, ventre fécond d'une vie en liberté tant désirée par l'artiste. La teinte des cimaises s'éclaircit légèrement, en progression vers la séquence suivante.
4. De façon analogue, l'épaisseur de l'arche entre les séquences 3 et 4 sert de socle-niche aux sculptures de baigneuses, annonçant une évolution vers des séries plus folkloriques et sociales, loin de la vision intimiste précédente. La dernière salle rassemble les thèmes où le rouge gagne en présence : scènes de café, tango, tauromachie — couleur et sujets traduisant une libération de l'artiste, désormais plus proche des codes sociaux.
5. La collection d'affiches conclut l'exposition en transmettant le message que l'artiste voulait porter au grand public de son vivant : laisser une porte ouverte à l'espoir en temps de conflit. Le bleu clair des cimaises renforce cette idée.
Crédits
Maîtrise d'ouvrage: Musée des beaux arts de la ville de Vannes
Scénographe: NODE architectes















